Mon Carnet : En septembre 2021, au lendemain de révélations majeures sur les effets d’Instagram sur la santé mentale des adolescentes, Mark Zuckerberg s’interroge en interne sur l’opportunité de revoir la manière dont Meta étudie les impacts sociaux de ses plateformes. Un courriel jusque-là confidentiel, récemment rendu public dans le cadre d’une procédure judiciaire, éclaire les tensions persistantes entre recherche, transparence et exposition médiatique au sein du groupe.
Le message, daté du 15 septembre 2021 et adressé notamment à Sheryl Sandberg et à Nick Clegg, est envoyé un jour après la publication par le The Wall Street Journal d’une enquête fondée sur des documents internes. Ces documents, transmis par la lanceuse d’alerte Frances Haugen, montraient que les propres études de Meta concluaient que près d’un tiers des adolescentes interrogées se sentaient plus mal dans leur corps à cause d’Instagram.
Dans ce courriel, Zuckerberg note que la conduite proactive de recherches sur les dommages potentiels expose Meta à des critiques accrues, comparativement à d’autres acteurs du secteur. Il cite explicitement Apple, estimant que l’entreprise évite en grande partie les controverses en menant peu ou pas d’études internes sur ces sujets et en se tenant à distance du débat public. Selon lui, cette posture a eu pour effet de limiter la production de documents internes susceptibles d’être utilisés contre l’entreprise.



