La Presse : Notre chroniqueur trouve souvent des éclairs de sagesse dans un stationnement où il transite, et où Lionel travaille.
Des éclairs de sagesse peuvent surgir n’importe où. J’en trouve souvent dans un stationnement où je transite, où Lionel en a à revendre.
Lionel travaille dans ledit stationnement, dans la guérite.
Je le croise chaque jour et il lit, il n’a pas de téléphone : il lit un livre. Enfin, s’il en a un, il n’est jamais scotché dessus comme 99 % d’entre nous. Il lit des livres comme s’il était prisonnier en isolement, comme un de nos aïeux avant l’électricité, comme s’il était allergique au numérique. Dans sa guérite, Lionel lit entre les passages de clients.
Lionel a un recul sur les choses que je connais à peu d’hommes. Il ne semble jamais pressé. Je le soupçonne de trouver que le temps passe trop vite dans sa guérite, quand il est seul avec lui-même et ses livres.



